Fatigue permanente. Doutes incessants. Anxiété dès le réveil.
Ces signes peuvent cacher un harcèlement moral au travail.
Le harcèlement moral agit en silence.
Une remarque ici. Une exclusion là. Des critiques répétées.
Résultat : la victime se remet en question. « Est-ce normal ? », « Et si c’était moi le problème ? »
Pourtant, ces symptômes ne sont pas une fatalité.
Cette page vous aide à les reconnaître clairement.
Découvrez les 10 signes qui doivent vous alerter.
Et apprenez à faire la différence entre stress passager et harcèlement avéré.
Identifier les symptômes harcèlement moral travail
Symptômes psychologiques

1. Anxiété permanente
Symptôme :
Une peur ou un stress disproportionné lié à des situations professionnelles habituellement maîtrisées.
Description :
Le collaborateur exprime une appréhension excessive avant des interactions spécifiques (réunions, échanges avec un supérieur). Cette anxiété peut se manifester par des troubles du sommeil, des plaintes répétées ou une nervosité visible.
Exemple concret :
« Je ne dors plus la veille des points avec mon manager, j’ai peur de me faire critiquer. »
→ Ce type de réaction, surtout si elle est ciblée sur une personne ou un contexte précis, doit alerter.
2. Perte de confiance en soi
Symptôme :
Remise en question systématique de ses compétences, même sur des tâches habituellement maîtrisées.
Description :
Un salarié expérimenté commence à douter de sa capacité à bien accomplir son travail, avec des phrases comme « Je ne suis plus à la hauteur » ou « Je vais tout rater », sans raison objective.
Exemple concret :
Un employé avec 10 ans d’expérience dans son poste déclare soudainement : « Je ne suis plus capable de faire ce travail. »
→ Un signe à prendre au sérieux, surtout si ce doute est nouveau et inexpliqué.
3. Sentiment d’humiliation
Symptôme :
Réactions émotionnelles fortes (larmes, colère) après des échanges professionnels.
Description :
Le collaborateur semble profondément affecté par des remarques ou des interactions, avec des réactions disproportionnées par rapport à la situation.
Exemple concret :
Un collaborateur fond en larmes après une remarque publique du type « Tu n’as vraiment rien compris ? ».
→ Ces réactions peuvent indiquer un climat de travail humiliant ou des critiques répétées.
4. Isolement progressif
Symptôme :
Évitement des interactions sociales (pauses, réunions informelles) ou repli sur soi.
Description :
Le salarié se coupe progressivement de l’équipe, évite les moments de convivialité ou refuse de participer à des projets collaboratifs, alors qu’il était auparavant intégré.
Exemple concret :
Un employé qui mange systématiquement seul et décline toute invitation à des activités d’équipe.
→ Ce comportement peut révéler un sentiment d’exclusion ou une volonté de se protéger.
5. Désintérêt pour le travail
Symptôme :
Perte d’engagement pour des missions habituellement motivantes, retards ou absences répétées.
Description :
Le collaborateur montre un désinvestissement soudain, avec une baisse de motivation et un manque d’initiative, sans explication claire.
Exemple concret :
« Ce projet ne m’intéresse plus, je ne vois pas l’utilité de m’investir. »
→ Une phrase à prendre en compte, surtout si elle contraste avec son attitude passée.
Symptômes physiques

1. Troubles du sommeil
Symptôme :
Insomnies, réveils nocturnes ou cauchemars liés à des situations professionnelles.
Description :
Le personnel victime de harcèlement moral peut présenter des troubles du sommeil persistants, souvent liés à l’anxiété générée par le travail. Ces problèmes impactent directement leur santé et leur capacité à récupérer.
Exemple concret :
« Je me réveille en sursaut la nuit en repensant à une remarque de mon supérieur. »
→ Si ces troubles apparaissent soudainement et sont liés au travail, il est important d’en tenir compte et d’investiguer la situation.
2. Fatigue chronique
Symptôme :
Épuisement persistant, même après une nuit complète de sommeil.
Description :
Une fatigue inexpliquée, qui ne disparaît pas avec le repos, peut être un signe que la situation au travail affecte profondément le bien-être physique. Ce symptôme est souvent sous-estimé, alors qu’il peut révéler un mal-être profond.
Exemple concret :
Un collaborateur arrive systématiquement épuisé au bureau, sans raison médicale apparente, et déclare : « Je n’ai plus d’énergie, même le week-end. »
→ Une alerte à prendre au sérieux, surtout si cette fatigue coïncide avec des comportements inhabituels au travail.
3. Maux de tête et tensions musculaires
Symptôme :
Douleurs physiques récurrentes (maux de tête, mâchoire serrée, dos bloqué).
Description :
Le stress lié au harcèlement se manifeste souvent par des tensions physiques. Ces symptômes, s’ils sont fréquents, doivent inciter à s’interroger sur l’environnement professionnel.
Exemple concret :
« J’ai mal à la tête tous les soirs en quittant le bureau. »
→ Ces douleurs peuvent être le reflet d’une situation de harcèlement moral non détectée.
4. Troubles digestifs
Symptôme :
Nausées, maux de ventre ou perte d’appétit avant ou pendant les heures de travail.
Description :
Les troubles digestifs, comme les nausées ou les douleurs abdominales, peuvent être déclenchés par le stress lié à des comportements hostiles ou humiliants au travail.
Exemple concret :
Un employé explique : « Je n’arrive plus à manger le midi à cause du stress, dès que je pense à retourner au bureau. »
→ Ces symptômes physiques sont des indicateurs que la santé est impactée par le travail.
Symptômes comportementaux

1. Irritabilité accrue
Symptôme :
Réactions disproportionnées (colère, impatience) dans la vie professionnelle ou personnelle.
Description :
Un collaborateur habituellement calme qui devient irritable, surtout après des interactions avec un supérieur ou des collègues, peut être en train de subir des comportements toxiques. Cette irritabilité est souvent un signe que la situation au travail le met sous tension permanente.
Exemple concret :
« Je m’énerve pour un rien depuis quelques semaines, même avec mes proches. »
→ Ce changement d’humeur peut indiquer que le personnel est en détresse à cause du harcèlement moral.
2. Baisse de productivité
Symptôme :
Difficulté à se concentrer, erreurs répétées ou retards dans les tâches habituelles.
Description :
Une baisse soudaine de la qualité du travail, sans explication logique, peut être liée à un harcèlement moral. Le bien-être au travail est directement impacté, ce qui se répercute sur les performances.
Exemple concret :
Un employé compétent commet des erreurs sur des tâches simples et déclare : « Je n’arrive plus à me concentrer, tout me semble trop difficile. »
→ Il est essentiel de tenir compte de ce signal et d’enquêter sur les causes.
3. Absentéisme répété
Symptôme :
Arrêts maladie fréquents ou retards pour éviter le travail.
Description :
L’isolement et l’épuisement poussent parfois les victimes de harcèlement à s’absenter pour échapper à une situation devenue insupportable. Ces absences peuvent être un moyen de se protéger temporairement.
Exemple concret :
« Je trouve toujours une excuse pour ne pas aller au bureau. »
→ Si ces comportements sont nouveaux, ils doivent alerter et inciter à engager des démarches pour comprendre ce qui se passe.
Que faire si un collaborateur présente ces symptômes ?
1. Engager un dialogue individuel
Action :
Organiser un entretien en privé avec le collaborateur pour recueillir des informations sur sa situation.
Comment faire ?
Utilisez des questions ouvertes : « Comment vous sentez-vous au travail ces dernières semaines ? »
Montrez de l’empathie : « J’ai remarqué que vous sembliez moins en forme, puis-je vous aider ? »
Tenez compte de ses réponses sans minimiser ses ressentis.
Exemple concret :
« Je vois que vous avez eu plusieurs arrêts maladie. Souhaitez-vous en parler ? »
→ Cet échange permet de déterminer si la personne est victime de harcèlement ou d’autres difficultés.
2. Lancer une enquête interne
Action :
Si les symptômes évoquent un harcèlement moral, menez une enquête discrète pour identifier les causes.
Comment faire ?
Interrogez les collègues ou le supérieur concerné (sans mentionner de noms).
Vérifiez les comportements au sein de l’équipe (critiques, exclusion, surcharge de travail).
Documentez les faits pour objectiver la situation.
Exemple concret :
« Plusieurs membres du personnel ont signalé des tensions dans votre service. Pouvez-vous m’en dire plus ? »
→ Une enquête permet de clarifier les dynamiques et d’agir rapidement.
3. Mettre en place des mesures de protection
Action :
Protéger la santé et le bien-être du collaborateur en adaptant son environnement de travail.
Comment faire ?
Proposez un aménagement temporaire (télétravail, changement d’équipe).
Formez les managers aux comportements à risque et aux bonnes pratiques.
Impliquez les représentants du personnel ou la médecine du travail.
Exemple concret :
« En attendant les résultats de l’enquête, nous pouvons ajuster vos missions pour vous permettre de retrouver un meilleur équilibre. »
→ Ces démarches montrent que l’entreprise prend la situation au sérieux.
4. Sensibiliser et former les équipes
Action :
Prévenir les risques de harcèlement moral en informant et formant l’ensemble du personnel.
Comment faire ?
Organisez des ateliers sur le bien-être au travail et la détection des signes de harcèlement.
Rappeler les procédures internes pour signaler un problème (référent harcèlement, cellule d’écoute).
Insistez sur l’importance de briser l’isolement des victimes.
Exemple concret :
« Nous allons organiser une formation sur la prévention du harcèlement moral pour tous les managers. »
→ La prévention est la clé pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.
5. Suivre et accompagner
Action :
Assurez un suivi régulier après la mise en place des mesures.
Comment faire ?
Planifiez des points réguliers avec le collaborateur pour évaluer son état.
Proposez un accompagnement psychologique si nécessaire.
Ajustez les actions en fonction de l’évolution de la situation.
Exemple concret :
« Nous ferons un point dans un mois pour voir comment vous vous sentez et si les mesures mises en place vous aident. »
→ Un suivi rigoureux garantit que les démarches portent leurs fruits.
Agir pour prévenir le harcèlement moral au travail
Le harcèlement moral au travail est une réalité qui peut toucher n’importe quelle entreprise, avec des conséquences graves sur la santé, le bien-être et la productivité de votre personnel. Les symptômes – qu’ils soient émotionnels, physiques ou comportementaux – sont des signes d’alerte qu’il ne faut pas ignorer.
En tant que DRH ou dirigeant, vous avez un rôle clé :
- Tenez compte des changements chez vos collaborateurs (anxiété, isolement, baisse de productivité).
- Recueillez des informations pour comprendre les situations à risque.
- Engagez des démarches concrètes : dialogue, enquête, formation et accompagnement.
Rappel :
- Un collaborateur qui est victime de harcèlement moral a besoin de soutien.
- Un supérieur ou une équipe sensibilisée peut faire la différence.
- Des comportements toxiques non traités peuvent coûter cher à votre entreprise, en termes humains comme financiers.
Votre prochaine étape :
- Formez vos managers à repérer les signes de harcèlement.
- Mettez en place des canaux de signalement clairs et confidentiels comme le détecteur harcèlement travail.
- Agissez sans tarder dès qu’un symptôme est identifié.
« Une entreprise qui protège ses équipes est une entreprise qui se protège elle-même. »